Démarche Artistique

Diplômée de l’Institut de Céramique Française (2003) de Sèvres, mon travail est le fruit d’une longue recherche avant d’être soumis au public en 2010 : Galerie Vanaura (Versailles), Galerie Art4 (Caen), Salon Céramique 14, Salon des Créateurs et des Ateliers d’Art (Paris), Galerie Médiart (Paris). Parmi les multiples possibilités qu’offre le travail de la terre, j’ai choisi de réaliser des sculptures en grès dans lesquelles je cherche à rendre hommage à l’humain et à la nature sauvage (volcans, forêt tropicale et rivages marins). Mes formes sont conçues comme une calligraphie inscrite dans l’espace.

« Ne vous y trompez pas: en dépit de leur forme creuse, les céramiques d’Ananda Aragundi-Hanus ne sont pas des contenants. Ce sont des sculptures, nées de multiples dessins et de petits prototypes.

Leur forme résulte d’un mariage subtil entre asymétrie et déséquilibre comme si le vent les poussait. La terre, le vent, les volcans, la neige, ou l’ eau : Ananda Aragundi utilise le grès pour traduire son émerveillement devant la nature, celle de l’Equateur, où elle est née, celle de la France, où elle vit.

La céramique l’a toujours attirée. Après un début de carrière d’ingénieur agronome en Equateur où elle s’initie à la céramique en autodidacte, elle décide de s’y consacrer entièrement peu après son arrivée en France, à l’issue de son diplôme d’ Opérateur en Céramique Artisanale à l’Institut de Céramique Française (Sèvres, 2003). Suit une longue période de recherche de formes et de palette d’ émaux, enrichies par des masterclass auprès de Gustavo Perez et Shozo Michikawa, avant de soumettre son travail au public pour la première fois en 2010.

Son lieu de création principal est dans son petit atelier à son domicile de Ville d’ Avray. Son exigence la pousse à cuire une pièce trois ou quatre fois (1260°) jusqu’à atteindre l’harmonie recherchée entre la forme et ses superpositions d’ émaux; quitte à détruire ses pièces si l’ émotion n’ est pas au rendez-vous.

Ses pièces se déclinent actuellement en Fusions, Coquillages et Marines. Pour les Coquillages, Ananda tape la terre, lui donne une forme primaire arrondie qu’ elle creuse, ensuite, faisant naître un cratère d’ ombre. Dans une étape intermédiaire, elle épaissit encore ses pièces là où le travail en profondeur va se faire. La matière est alors retravaillée, étirée, malmenée avec des outils. Ainsi naît ce monde raviné, croûté, strié de sillons, comme si la matière avait été déformée par quelque puissance obscure et souterraine.

Apres un long séchage, ces irrégularités de matière feront vibrer les tons recherchés des émaux. Beige ou marron, ils semblent nés de la terre. Blanchâtre ou rougeoyant, ils évoquent un revêtement de neige ou de feu.

Les Marines, elles, sont faites à la plaque. Leur paroi est mince, leur forme largement ouverte. Leur email bleu-gris, zébré de filaments, semble offrir les traces d’un vaisseau fantôme à la surface de la mer.

Les sculptures émaillées d’Ananda Aragundi, disent ce que son regard n’ a pu oublier, ces visions des pentes neigeuses ou de fusions pétrifiées de la Cordillère des Andes, disent aussi ce qu’elle vient de découvrir, les flots d’ écume de la mer normande, ou les souches éclatées dans une forêt voisine.

Le talent d’ Ananda Aragundi a été découvert en 2011 à Céramique 14. Inscrite aux Ateliers d’Art de France, cette obstinée a participé en décembre 2012, au Salon des Créateurs et des Métiers d’Art, à I’Espace Blancs Manteaux. C’ est là que la Galerie Médiart l’ a repérée et lui a proposé une exposition intitulée «Turbulences ». »

 

Marielle Ernould-Gandouet (Revue de la Céramique & du Verre – N° 190, Mai-Juin 2013)